La conteuse et son roi nu

Théâtre-patate dès 5 ans

Une histoire de toujours ...

 

     ... confrontée à une écriture contemporaine.

Pour raconter cette histoire, Patrick Dubost donne la parole à une conteuse : elle procède avec sa mémoire incertaine, parfois infidèle, ou inventive. Une voix off (metteur en scène ? conscience ? …) l’interrompt parfois pour corriger ses erreurs, lui demander des précisions. Il s’agit de raconter cette histoire magnifique en gardant toujours conscience du fait que nous sommes dans une parole en construction, avec ses naïvetés, ses hésitations, ses inventions éphémères et sa drôlerie.


 

Un jour arrivèrent dans le royaume de Panelange deux marchands prétendant tisser une étoffe que seuls les gens intelligents –ou les cœurs purs!- peuvent voir.
Ils réussissent par les jeux de la parole et de la duperie à berner un roi et toute sa cour! Personne n’osant affirmer que les vêtements sont invisibles par peur de passer pour un imbécile.
Le roi défilera donc “habillé” de ses vêtements fins et légers comme une toile d’araignée. Chacun se répand en louanges jusqu’à ce qu’une voix d’enfant articule très clairement : “Mais, papa, le roi, il est tout nu!”

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Dossier complet du spectacle

 

d’après Les Habits neufs de l’Empereur de Hans Christian Andersen

Texte : Patrick DUBOST

Mise en scène, jeu et manipulation marionnettes : Isabelle PAQUET
Régie générale : Julien BELON
Musique : Norbert ABOUDARHAM
Scénographie : Ludivine DEFRANOUX

Lumière : Fred MOREAU

Diffusion Sylvie CHENARD 06 22 21 30 58 La Strada et Compagnie

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Extrait du texte du spectacle

 

Le Premier Ministre pénètre donc seul dans le hangar et voit une sorte de grande machine assez incompréhensible. Le second marchand semble travailler à l’intérieur. À part cela, l’espace est vide. Rien. Aucun tissu. Aucun vêtement. Rien. Un grand vide.

 

« Approchez-vous ! » dit le second marchand à l’intérieur de la machine.

« Voyez-vous ce travail ?! La finesse des couleurs ?! Et que dites-vous de ce motif qu’on a intégré ici : comme avec des fleurs ?! N’est-ce pas beau ? » Il manipule : l’invisible.

 

Le Premier Ministre ne voit rien, bien sûr, il se tord les yeux mais il ne voit rien. Il se croyait supérieurement intelligent et voici que : rien. Il est vieux mais il sait qu’il a pourtant une bonne vue. C’est très embêtant. Il y a là un tissu qu’il ne voit pas et que l’on ne peut voir que si l’on est intelligent !

 

« Vous aimez ? »

 

Que faire ? Que dire ? S’il avoue qu’il ne voit rien, il passera pour le Premier Idiot du royaume. « Oui oui, j’aime, assurément... »

 

Silence.

 

«Bon... C’est très beau, vraiment... Mais d’autres affaires m’ap­pellent... »

Le Premier Ministre reprend sa canne (qu’il avait laissé tomber sous l’étonnement).

Puis il vient retrouver ses 368 conseillers à la sortie du hangar. Tous lui demandent : « Alors ?... Alors ?... » Il ne répond rien. La porte s’est refermée derrière lui.

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